Les débuts de l'Aviron Arcachonnais
   
Fondée en 1896 par le Docteur Festal, président du club de gymnastique "Tout pour La Patrie". L'aviron arcachonnais porte les couleurs blanches et rouges, rappelant la tenue que les marins portaient le dimanche (pantalon rouge, chemise blanche).
C'est dans un contexte peu favorable au développement du sport à la fin du 19 ème siècle que l'Aviron Arcachonnais fera ses premiers pas. Après la guerre de 1870, on forme les jeunes à une préparation militaire par le sport. Le Docteur Festal pense qu'après la gymnastique, l'aviron ne serait que bénéfique à la jeunesse et apporterait de la discipline mais aussi de l'esprit de corps.
Mais pour ce Docteur, ce sport de plein air est également approprié aux curistes de passage à Arcachon, venant se soigner de la tuberculose. Le club fut donc créé selon cet état d'esprit.
A cette époque on accorde plus d'attention au nom du bateau qu'à celui des équipiers, ainsi la yole baptisée "Côte d'Argent" s'imposera parfois loin de ses bases et notament aux régates Royales de Saint Sébastien en Espagne où d'ailleurs elle sera primée pendant plusieurs années.

La ville d’Arcachon est divisée en quartier, deux de ces quartiers s’affrontent régulièrement, celui de La Chapelle Notre Dame, quartier riche et celui de l’Aiguillon St Ferdinand, quartier de marins et d’ouvriers des chantiers de constructions navales et des conserveries de poissons. Les habitants de ces quartiers auront pour surnom « LES PIRELONS » (petits grondins gris pêchés par les chalutiers).

Du fait de cette rivalité, dans le club, il est dur de gagner sa place dans un bateau. Entre ceux que l’on peut appeler les riches et les pauvres, une concurrence s’installe. Progessivement une émulation sera créée et l’Aviron Arcachonnais obtiendra son premier titre de champion de France en 1909 à Evian en yole à quatre.

Les marins du quartier de l’Aiguillon St Ferdinand, hommes rudes et costauds, partaient cultiver les huîtres ou pêcher la sardine dans des pinasses à voile ou à rame, ils étaient considérés comme des professionnels. A ce titre, ils ne pouvaient pas pratiquer l’aviron qui était sport amateur tel que défini par le Conseil National du Sport à l'époque. Ce qui priva notre sport et notre club d’un fort potentiel humain.

Effet de mode ou puissance physique, à l'aviron, on cotoyait aussi bien de riches Bordelais venus prendre des bains de mer ou faire du canotage tel qu’il était pratiqué à Paris, que des ouvriers de l’Aiguillon qui voulaient s’impliquer dans le sport de compétition et montrer leur force. C'est dans ce contexte que le huit yole de mer champion de France en 1942 battait régulièrement les outriggers.
Ne pouvant pratiquer l'aviron olympique, les marins se mesuraient lors de régates à l’aviron dans leurs bateaux de pêche traditionnel en bois de pin, les pinasses. Cette tradition, les pinasseyres la perpétue encore aujourd'hui en organisant leur championnat du monde.

 

   
 
   
 
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